Philippe Scialom - Psychologue Psychothérapie - Psychologie - Psychanalyse - Psychomotricité Enseignement - Cours - Articles - Guidance - Informations - Aides Parents - Enfants - Ados - Etudiants
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Hyperactivité – TDHA - Instabilité psychomotrice – Hyperkinésie

 

Actuellement, il y a une polémique importante autour de l’instabilité de l’enfant sur son origine, ses causes... Cependant, la classification des troubles mentaux de l’enfant définit la notion d’hyperactivité par déficit de l’attention. 3 grands symptômes (l’hyperactivité, les troubles de l’attention et l’impulsivité) composent ce TDHA (trouble déficitaire de l’attention avec ou sans hyperactivité).

 

Les facteurs de risque de l’hyperactivité sont : la prématurité, le tabagisme et l’alcoolisme de la mère pendant la grossesse en particulier.

 

L’enfant est naturellement un peu instable. Entre 2 et 4 ans, l’instabilité est normale. L’enfant a un besoin physiologique de bouger.

 

Le déficit de l’attention :

Le premier symptôme est le déficit de l’attention. L’enfant à du mal à rester fixé sur une tâche jusqu’à son accomplissement. Il est distrait, on a le sentiment qu’il n’écoute pas, il oublie ce qu’on lui a demandé, il perd ses affaires. Ce sont des enfants qui terminent rarement ce qu’ils commencent, ils sont attirés par des choses moins importantes. Ils ont l’air ailleurs. Ce trouble de l’attention est surtout important dans les situations de groupe où il y a déjà à la base beaucoup d’excitation.

 

L’hyperactivité :

Le deuxième symptôme est l’hyperactivité. Elle se traduit par un comportement moteur qualitativement et quantitativement anormal. C’est un excès de mouvement, une impossibilité de demeurer immobile. L’enfant est monté sur ressort, il ne tient pas en place, se tortille dans tous les sens. Il montre beaucoup d’attitudes de prestance.

L'hyperactivité désigne aussi l’absence de construction motrice, l’inefficience de la motricité qui se poursuit pour elle-même, sans autre raison qu’une décharge motrice. L’acte moteur est stérile.

 

L’impulsivité :

Le troisième symptôme est l’impulsivité. C’est un besoin impérieux d’accomplir soudainement un geste à caractère brutal, incongru, dangereux dont l’exécution échappe au contrôle volontaire. L’enfant agit sans prendre le temps de recevoir et d’analyser les différentes données. Une impatience motrice caractérise l’impulsivité, qui fait référence aux difficultés de tolérance à la frustration et au report dans le temps. Un acte moteur est plus rapidement exécuté qu’il n’est pensé.

 

Eléments associés :

 

L’hyperactivité peut s’accompagner d’agressivité. (L’enfant réalise ces gestes pour décharger son agressivité, sans autre but précis).

 

Elle peut aussi s’accompagner de troubles de l’attention, de difficultés dans les apprentissages, d’impulsivité (on retrouve la triade du TDAH), de troubles affectifs et de difficultés dans les relations avec les autres.

 

Elle est liée à des contextes très variés, qui peuvent être (entre autres) : une difficulté dans l’environnement de l’enfant (par exemple des conditions sociales / économiques très difficiles, un contexte de désaccord conjugal prononcé, une criminalité parentale), ou encore à un trouble présenté par l’enfant (l’hyperactivité est alors « associée » à ce trouble), par exemple en lien avec un retard mental / déficience intellectuelle.

 

Les éléments qui peuvent être associés à l’hyperactivité :

 

  • Des troubles des apprentissages : ce qu’on appelle dyslexie (apprentissage de la lecture), ou dysorthographie.
  • Des troubles du comportement : l’enfant ne supporte pas la frustration, on peut également constater certains signes comme agressivité, opposition, auto-punition,…
  • Des troubles de l’humeur : dépression, anxiété,…
  • Des troubles au niveau du tonus : l’enfant est plus raide, dans ses gestes et déplacements. (Il peut y avoir aussi des enfants présentant des explosions motrices suivies d’une sidération).
  • Des difficultés praxiques / gestuelles : l’enfant peut être « maladroit », il peut difficilement coordonner ses gestes, il a des problèmes au niveau de l’écriture.
  • Des problèmes de repérage dans l’espace et dans le temps : l’enfant a des difficultés pour se repérer, pour s’orienter, pour structurer,…

 

Il est important de noter que :

 

  • L’instabilité est normale jusqu’à l’âge de 3 /4 ans
  • L’hyperactivité peut évoluer favorablement à l’adolescence (20% des cas)
  • Des traitements existent :
    • Traitements psychothérapeutiques, parfois systémiques (avec les parents et la fratrie).
    • Traitement médicamenteux dans certains cas (il peut y avoir des effets secondaires) : des psycho stimulants qui permettent à l’enfant d’être plus attentifs, et donc de diminuer l’hyperactivité.
    • La Psychomotricité permet à l’enfant de travailler l’attention, la concentration, le rythme, la confiance en soi, les repères, règles,… On peut également faire de la relaxation avec l’enfant, ce qui lui permet de contrôler son impulsivité, et de l’aider dans sa prise de conscience du corps.
  • Il y a un diagnostic différentiel : syndrome frontal notamment.

 

Il est important de passer des bilans : bilan psychomoteur, et bilan orthophonique car souvent il y a une dyslexie, et/ou une dysorthographie liée à l’impulsivité,

 

Une fois le diagnostic posé, un suivi en psychomotricité est indiqué. La prise en charge est souvent individuelle dans un premier temps puis il peut y avoir un travail en groupe dans un second temps. On travail sur le schéma corporel, la motricité fine, la valorisation narcissique, la mémorisation, avec un aspect ludique. Le jeu est très important.

Mais aussi l’espace et le rythme et même la relaxation.

Dans les cas les plus difficiles, un traitement médical associé peut être proposé dans un service de pédopsychiatrie.

 

Votre enfant a-t-il un trouble réactionnel ou passager, léger de l'attention, ou du comportement ? Ou au contraire si ses difficultés entrent dans le registre des TDA ou TDA-H, Troubles Attentionnels avec ou sans Hyperactivité, qui eux sont plus d'origne neurologique ?

 

POUR Y REPONDRE CLIQUER CI-DESSOUS

LIEN directe avec l'onglet Info Parents et les fiches (de Robert-Debré) qui permettent de comprendre et de faire un pré-diagnostic grâce à un questionnaire, et aussi de mettre des choses concrètes en place pour aider l'enfant à la maison et à l'école, dans sa vie scolaire et quotidienne.

L’inhibition

 

Si l’inhibition est un mécanisme adaptatif essentiel car elle indispensable pour un bon ajustement de la motricité, elle ne devient pathologique que par son excès qui va limiter l’intégration du réel, et être l’expression d’une souffrance latente.

Wallon : « L’inhibition supprime ce qu’il peut y avoir d’inutile dans l’acte ».

Carric : « L’inhibition est indispensable pour concentrer l’attention, adapter la réponse et diminuer les mouvements parasites ».

 

Définition

A l’inhibition sont associées les notions de limitation, de freinage, voire d’arrêt de la fonction mais cela reste temporaire et s’exprime à différents degrés.

Pour ce qui est des symptômes l’inhibition est :

 

- Intellectuelle (difficulté à penser, à mémoriser, à se concentrer) : l’inhibition intellectuelle a une signification différente selon l’âge et la structure de la personnalité (névrotique, psychotique, état limite). Elle peut être vécue comme un phénomène parasite de la pensée (obsession) ou comme un accident venu de l’extérieur (hystérie et phobie), ou bien identifiée à une diminution de l’individu traduisant un état dépressif. Cela peut être accompagné d’une incapacité à faire des choix.

 

- Motrice: perte ou diminution de l’initiative motrice souvent accompagnée d’une baisse de l’amplitude des mouvements et d’une raideur ou du moins des troubles du tonus (hypertonie, hypotonie, paratonie...)

 

- Instinctuelle : perte de l’appétit, du sommeil.

 

- Affective : difficulté à extérioriser ses émotions.

 

- Verbale

 

Les signes cliniques

Ils sont essentiellement centrés sur la dysharmonie tonico-émotionnelle avec une hypertonie de situation. C’est-à-dire des écarts dans les réactions/attitudes tonico-émotionnelles (adaptation du tonus en fonction des émotions).

- Les troubles de la représentation du corps sont perceptibles dans l’investissement péjoratif du corps qui caractérise l’inhibition.

- L’activité ludique est difficile à choisir par la crainte d’expression.

- Les activités praxiques sont bonnes mais l’inhibition peut les perturber.

 

Caractéristiques de l’enfant inhibé :

  • Attitude rigide,

  • Peu de mouvements,

  • Difficultés à engager son corps dans l’action sous le regard d’autrui,

  • Peu d’investissement de l’espace,

  • Trouble de l’attention,

  • Réduction verbale,

  • Peu d’initiatives

 

Il y a des causes organiques : dysfonctionnement du système nerveux, influence génétique et héréditaire, déficience mentale ;

Et des causes psychosociales : carence affective (abandon, séparation, deuil), milieu surprotecteur ou trop sévère.

Globalement, ce sont tous facteurs anxiogènes.

 

Le traitement psychomoteur

Compte tenu des définitions et des différentes formes que peut prendre l’inhibition, un travail sur la corporéité est particulièrement indiqué, notamment sur le plan du schéma corporel et sur l’investissement de l’espace.

Pour cela la respiration peut servir de médiateur car elle est sous le contrôle du sujet qui, lorsqu’il arrivera à la contrôler se trouvera valorisé. D’autre part la respiration permet un travail sur les volumes corporels en mouvement. Cette prise de conscience des mouvements internes du corps libère la sensation d’oppression imposée par l’angoisse.

La respiration peut être associée à de la relaxation pour la prise en compte de l’anxiété et l’amélioration des troubles du tonus.

 

Un travail sur fond tonique et relationnel est aussi abordé pour restaurer la communication gestuelle et verbale. Pour cela les techniques d’expressions comme le théâtre, les activités physiques, les activités graphiques peuvent être utilisées comme médiateurs. Activités utiles également pour l’exploration et l’investissement de l’espace propre et de l’espace environnant.

 

L’enfant doit être dans une situation d’agir motivante.

Les troubles du comportement : Hyperactivité et agressivité

 

L'enfant instable psychomoteur (vu plus haut) n’arrive pas à exercer un contrôle moteur ou son attention longtemps. Donc l’impulsivité est fréquente : l'enfant interrompt les autres, ne peut pas attendre son tour ni anticiper l’action. Par conséquent il contrôle difficilement ses émotions et son comportement. Son rapport à l’autorité ou aux contraintes est donc compliqué et parsemé de malentendus d’où souvent ses conflits avec les autres ou ses colères explosives.
C’est donc de la collectivité que les plaintes réactives à ce comportement s’expriment en premier, ou de la part de la famille, fatiguée et se sentant impuissante à calmer, à satisfaire ou à rendre autonome l’enfant.


L'enfant instable est plus dans le mouvement que dans la pensée. L’instabilité est un trouble hors représentation, en ce sens que le sujet ne se voit pas bouger sans cesse, ne s'entend pas parler de manière ininterrompue et parfois impertinente. Il ne se représente pas sa manière d’être, n'en souffre pas, ne réalise pas à quel point elle peut le gêner dans ses apprentissages et constituer une surcharge visuelle et auditive pour les autres.
L'âge d'apparition est variable. Certains enfants présentent un premier symptôme très précoce, l'absence de repos postprandial après la tété. C'est parfois autour de six-huit mois, ou au moment de la marche que l’instabilité apparaît. Dans d'autres situations, c'est au moment des premières contraintes scolaires. La prédominance du sexe masculin est classique.
Le premier spécialiste à consulter qui aidera au diagnostic et à la prise en charge principale est le plus souvent le psychomotricien.

CONSEQUENCES et RISQUES

Plusieurs raisons peuvent être à l’origine d’une instabilité psychomotrice, il ne faut jamais oublier que ces enfants souffrent à minima de ne pas pouvoir canaliser cette énergie motrice, d’être en opposition de phase malgré lui avec les autres, et assurément  dans certains des points qui suivent.
Cette souffrance est souvent masquée par l’agacement et l’usure que l’enfant cause aux autres.

- Le risque de l’instabilité est d’abord cognitif, donc scolaire. L'apprentissage dès l’école maternelle puis à l'école primaire, demande aux enfants de rester assis et attentif, puis un moment le soir pour les devoirs, ce qui est difficilement compatible avec l’instabilité. L’enfant passe ainsi à côté de nombreux apprentissages et bientôt risque de se confronter à la spirale de l’échec.

 

- Le risque est aussi affectif et social car ces enfants ont du mal, du fait de leur impulsivité, à s'intégrer dans un groupe. Ceci peut aboutir à un rejet de la part des autres enfants, des institutions scolaires ou même de la part de certains membres de la famille, épuisés ou excédés par le comportement de l'enfant.

 

- A court terme, les difficultés comportementales qui sont compliquées par le fait que l'enfant est étourdi, désorganisé ou facilement distrait; agité, exagérément bruyant ou encore en mouvement perpétuel, impulsif ou impatient, facilitent l’agressivité physique, aggravent les difficultés d'apprentissages et font le lit du rejet social, alors qu'à long terme, ils prédisent une évolution plus rapide et défavorable des comportements agressifs et perturbateurs.

 

Bien qu’il ne s’agisse pas d’enfants réellement agressifs, mais dont l’agressivité devient réactionnelle à l’accumulation des frustrations et au rejet de la part des autres, les problèmes d'inattention et d'instabilité compliqueront le développement de la personnalité notamment les conduites au cours de l’adolescence.

LES DIFFERENTS REGISTRES DE L’INSTABILITE PSYCHOMOTRICE

 

- Ces troubles du comportement sont parfois réactionnels à un contexte familial ou scolaire difficile. Ils peuvent donc révéler un fond dépressif ou anxieux qu’il conviendra de diagnostiquer et régler à l’aide d’une psychothérapie.

 

- L’immaturité ou encore la précocité peuvent être aussi accessoirement à l’origine d’instabilité psychomotrice. Une entrevue avec un psychologue et un test de QI objectivera ces points.

 

- L’instabilité peut provenir d’un « réglage parentale » mal ajusté. Une meilleur compréhension de leur enfant aidera les parents à avoir des réponses plus adéquates. Une guidance parentale est alors utile du laxisme à l’excès d’autorité, en passant par la difficulté à gérer amour et contrainte notamment pour les parents séparés ou les familles monoparentales.

 

- Un regard sérieux sur les enfants dits agressifs ou violents montre que la majorité d'entre eux sont des enfants normaux, bien que leurs comportements puissent être particulièrement bruyants et perturber considérablement leur entourage. Ces enfants entrent dans un cercle vicieux duquel ils n’arrivent pas à sortir. L’agressivité est rarement un symptôme qui domine et persiste quand une prise en charge adaptée est mise en place. Pour l’essentiel, les enfants qui agressent les autres ont soit des problèmes affectifs ou d’estime de soi  importants (ou un retard de langage, ou ne savent pas se défendre…) et peuvent être aidés, soit ils souffrent de troubles envahissants du développement qui relèvent d’un tout autre registre.

 

- Enfin, l’instabilité peut être synonyme d’une hyperactivité avec ou sans trouble de l’attention (Trouble déficitaire de l’attention avec hyperactivité, TDA/H) Cette vraie hyperactivité ne représente que 5% des cas d’enfants agités. Dans ce cas les enfants prématurés y sont sur représentés. Il peut s’y associer des troubles des apprentissages, comme la dyslexie… et cela concerne quatre fois plus de garçons que de filles. Un diagnostic complet doit alors être fait auprès de plusieurs spécialistes (dans des centres référents notamment), afin de suivre l’enfant de façon assidue et dans plusieurs domaines qui peuvent être associés (psychologique, orthophonique, psychomoteur, en ergothérapie ou en orthoptie..). Parfois des traitements médicaux sont nécessaires. L’origine de l’hyperactivité est complexe et incertaine. Elle est sans doute au carrefour d’une étiologie complexe associant génétique, physiologie et psychologie.

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