Philippe Scialom - Psychologue Psychothérapie - Psychologie - Psychanalyse - Psychomotricité Enseignement - Cours - Articles - Guidance - Informations - Aides Parents - Enfants - Ados - Etudiants
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1. Le décret de compétence des psychomotriciens

2. Le bilan psychomoteur (Mathilde Gavalda)

1. Le decret de compétence des psychomotriciens

 

Décret n° 8 8-659 du 6 mai 1988 relatif à l’accomplissement de certains actes en rééducation psychomotrice.

 

Le Premier Ministre,

Sur le rapport du Ministre des Affaires Sociales et de l’Emploi,

Vu le code de la Santé Publique, notamment l’article L. 372,

Vu le décret n° 74-112 du 15 février 1974, modifié notamment par le décret n° 85-188 du 7

février 1985 portant création du diplôme d’Etat de psychomotricien,

Vu l’avis de l’Académie nationale de médecine,

Le Conseil d’Etat (section sociale) entendu,

Décrète :

 

Article 1.

Les personnes remplissant les conditions définies aux articles 2 et 3 ci-après sont habilitées à

accomplir, sur prescription médicale et après examen neuropsychologique du patient par le

médecin, les actes professionnels suivants :

  • Bilan psychomoteur.
  • Education précoce et stimulations psychomotrices.
  • Rééducation des troubles du développement psychomoteur ou des désordres psychomoteurs suivants au moyen de techniques de relaxation dynamique, d’éducation gestuelle, d’expression corporelle ou plastique et par des activités rythmiques, de jeu, d’équilibration et de coordination :

-Retards du développement psychomoteur,

-Troubles de la maturation et de la régulation tonique,

-Troubles du schéma corporel,

-Troubles de la latéralité,

-Troubles de l’organisation spatio-temporelle, dysharmonies psychomotrices, troubles tonico-émotionnels, maladresses motrices et gestuelles, dyspraxies, débilité motrice, inhibition psychomotrice, instabilité psychomotrice, troubles de la graphomotricité à l’exclusion de la rééducation du langage écrit.

 

Contribution, par des techniques d’approche corporelle, au traitement des déficiences intellectuelles, des troubles caractériels ou de la personnalité, des troubles des régulations émotionnelles et relationnelles et des troubles de la représentation du corps d’origine psychique ou physique.

 

Article 2.

Peuvent accomplir les actes professionnels énumérés à l’article 1er les personnes titulaires du diplôme d’Etat de psychomotricien.

 

Article 3.

Peuvent également accomplir les actes professionnels énumérés à l’article 1er les salariés ayant exercé, à titre principal et dans les conditions fixées à l’article 1er, l’activité de psychomotricien pendant au moins trois ans au cours des dix années précédant la date de publication du présent décret et qui auront satisfait, dans les trois ans suivant cette date, à des épreuves de vérification des connaissances.

Les modalités d’organisation, la nature du contenu de ces épreuves ainsi que la composition du jury sont définies par arrêté du ministre chargé de la santé pris après avis du Conseil supérieur des professions paramédicales.

 

Article 4.

Le ministre des affaires sociales et de l’emploi et le ministre délégué auprès du ministre des affaires sociales et de l’emploi, chargé de la santé et de la famille, sont chargés, chacun en ce qui le concerne, de l’exécution du présent décret qui sera publié au Journal Officiel de la République Française.

 

Fait à Paris, le 6 mai 1988

Jacques CHIRAC

Par le Premier Ministre

Le Ministre des affaires sociales et de l’emploi

Philippe SEGUIN

Le Ministre délégué auprès du

Ministre des Affaires Sociales et de l’emploi

chargé de la santé et de la famille

Michèle BARZACH

source www.légifrance.gouv.fr

2. Le bilan psychomoteur (Mathilde Gavalda)

 

Le bilan psychomoteur consiste en un examen approfondi des difficultés et des capacités de la personne. En fonction du lieu d’exercice du psychomotricien, de l’âge du patient ainsi que de l’indication de consultation, le bilan n’est pas le même mais il reste un élément incontournable et un outil fondamental.

 

Effectivement, en tout premier lieu, c’est un moment de rencontre entre le patient et le thérapeute. Le bilan vise à poser des hypothèses sur l’origine des troubles et peut permettre au patient de prendre conscience de l’aide que l’on peut lui apporter. Le bilan psychomoteur apparaît alors comme le premier geste thérapeutique.

 

Un bilan psychomoteur se déroule généralement sur deux ou trois séances.

 

On distingue trois parties :

 

1. L’entretien avec les parents et l’enfant permet de retracer l’histoire et les difficultés de la personne, son parcours médical, son comportement aussi bien à la maison qu’à l’école, ses activités, le contexte familial, d’éventuels évènements marquants, etc.

 

2. L’évaluation proprement dit se passe en général sans les parents. Le psychomotricien propose à l’enfant une série d’épreuves et de tests psychomoteurs choisis selon les difficultés évoquées et rapportées par les parents. Il fait un examen de l’organisation et de l’expression motrice et apprécie aussi les capacités d’expression symbolique en étant attentif à la verbalisation, à l’expression graphique ou plastique, aux jeux d’imitation, d’histoires, etc.

 

D’un point de vue moteur, le psychomotricien observe :

  • Les coordinations dynamiques générales (marche, course, saut, quadrupédie, etc) : combinaison de plusieurs mouvements préalablement dissociés. Les exercices de coordination dynamique générale imposent un ajustement de l’ensemble des parties du corps et font intervenir la locomotion (en provoquant des déplacements).

  • L’équilibre statique et dynamique : contrôle de l’attitude corporelle.

  • Les coordinations oculo-manuelles et oculo-podales qui correspondent à l’interaction synergique entre les mouvements d’exploitation de la main ou du pied et de l’œil où celui-ci finit par anticiper le mouvement de la main ou du pied et accomplir l’exploration tout seul.

  • Les dissociations : habiletés à mettre en action isolément une partie du corps sans la participation de l’ensemble.

  • La motricité fine : selon Drouin et Gauthier, c’est « le produit de mouvements fins, minutieux et précis faisant appel au contrôle musculaire de différentes parties du corps (les joues, la bouche, les yeux, les doigts et les orteils) ».

  • La latéralité : impulsion motrice qui amène le geste spontané d’un côté ou l’autre du corps (gauche ou droite).

  • Les praxies : selon Piaget, les praxies sont des actions qui des systèmes de mouvements coordonnés en fonction d’un résultat ou d’une intention. C’est le fait d’acquérir une gestion automatisée d’un type de geste après en avoir fait l’apprentissage.

  • La perception, l’orientation, la structuration du temps et de l’espace.

  • Le schéma corporel : selon Mme Soubiran, « c’est la conscience de notre propre corps à laquelle s’ajoute le sens de l’espace et de nos attitudes, ce qui fonde la disponibilité pour nos actions ».

  • L’organisation grapho-perceptive et la graphomotricité : la graphomotricité est la psychomotricité appliquée à l’acte d’écrire. C’est une fonction qui permet de tracer sur un support un message porteur de sens grâce à des signes (lettres).

  • Le tonus qui désigne « l’état de tension permanente des muscles » et les réactions tonico-émotionnelles qui sont des réponses inadaptées du tonus musculaire à des situations extérieures mal vécues, mal perçues qui génèrent alors des émotions mal canalisées ou mal identifiées. Ces émotions font passer par des phases d’hypertonie (tension, instabilité, possibilité d’agressivité, etc) et des phases d’hypotonie (relâchement, désengagement, passivité, inhibition, etc).

 

La synthèse effectuée à l’issue du bilan permet d’établir un diagnostic, de dégager une compréhension du trouble psychomoteur et de proposer, si besoin, des soins adaptés en psychomotricité.

 

3. La restitution : une séance est généralement consacrée à la présentation des conclusions du bilan. Le psychomotricien informera la famille sur :

  • Les troubles de l’enfant, leur sévérité et le diagnostic psychomoteur,

  • Le besoin, si nécessaire, d’examens complémentaires (médicaux, orthophoniques ou psychologiques avec le quotient intellectuel, le WISC, etc),

  • Les modalités de la prise en charge (suivi individuel ou en groupe, durée et fréquence des séances, etc).

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