Philippe Scialom - Psychologue Psychothérapie - Psychologie - Psychanalyse - Psychomotricité Enseignement - Cours - Articles - Guidance - Informations - Aides Parents - Enfants - Ados - Etudiants
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Paris 2012 – Attachements et détachements : la trame des interactions familiales.

Titre : Croix Rouge Paris 2012 – Attachements et détachements : la trame des interactions familiales.
Intervenant : Susana TERENO (Docteur en Psychologie Clinique, Enseignant-Chercheur à l’Institut de Psychologie de l’Université Paris Descartes, Sorbonne Paris Cité).
Résumé : La théorie de l’attachement, de par son caractère intégratif et par la multiplicité de ses sensibilités, contribue à la compréhension du rôle de la famille dans toutes les configurations sociales qu’il peut adopter. Pour décrire le modèle de la famille moderne, celui qui, naturellement, nous importe le plus, il faut savoir identifier les éléments traditionnels qui en font encore partie, afin de pouvoir attester du sens des transformations qui se sont installées lors du passage de l’un à l’autre des modèles. À côté des rôles homme/femme peu différenciés et de nouveaux liens tissus sur la trame de la famille moderne, marqués par des rapports plus égalitaires et pour une idéologie plus individualiste, nous constatons encore la présence minoritaire du rôle homme/femme, bien différencié et prévisible.
Dans la théorie de l’attachement, le prodigueur de soins constitue une base de sécurité auprès de laquelle l’enfant peut trouver réconfort via la proximité physique. L’idée d’une base familiale de sécurité, proposé par Byng-Hall, signifie que, toute en respectant l’individualité de chaque membre de la famille, chacun peut à la fois apporter son soutien aux autres et être soutenu par chacun et par tous. Des capacités à exprimer et réguler les émotions, ainsi qu’à les mentaliser, émergent de cette atmosphère de sécurité émotionnelle. Des styles relationnels plus insécures entre les partenaires, des séparations et ruptures, rendent la base familiale de sécurité plus vulnérable et bien susceptible d’être défaillante face à certaines épreuves de l’existence.
La question de la perte et de la séparation chez le jeune enfant, tout comme celle de leurs effets sur son développement, est au cœur de la théorie de l’attachement. En 1948, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) demande à John Bowlby un rapport sur les enfants orphelins, un problème majeur dans l’Europe de l’après-guerre. Dans ce rapport il  insiste sur l’abondance des faits étayant les effets de la carence de soins maternels, qui donne lieu ultérieurement à des relations affectives superficielles, à une absence de concentration intellectuelle, à une inaccessibilité à l’autre, au vol sans but, à l’absence de réaction émotionnelle. Ce rapport rendit Bowlby célèbre et le plaça au centre de la polémique, avec les féministes, avec les personnels hospitaliers et avec ses collègues psychanalystes (Guedeney, 2010). Plus tard, en 1969, avec le couple Robertson, ils vont montrer les effets négatifs d’une  séparation de 9 jours, d’un petit de sa mère, dans leur film John Goes to Nursery. Robertson que décrira encore à cette époque les trois phases évolutives de la séparation durable chez le jeune enfant : protestation, désespoir et détachement.
C’est dans ce contexte qu’une réflexion autour de l’impact des multi-séparations, vécues par un enfant de nos jours, s’impose. Ce sont les gardes maternelles et les séjours en crèche, les divorces et les séparations conjugales, les nouvelles technologies qui promeuvent les relations à distance. Auxquels il faut certainement ajouter la télévision pour les bébés et jeunes enfants, en tant que figure d’apaisement et de compagnie. Est-il possible que de telles relations continuent de pouvoir répondre aux besoins les plus essentiels d’attachement, notamment ceux qu’associent le contacte physique à l’apaisement émotionnel et physiologique?
Les nouvelles constellations familiales sont sûrement le produit d’une adaptation culturelle, mais cette adaptation n’est pas libre de contradictions. L’enfant est placé au centre de la dynamique familiale, puisqu’on lui accorde une attention qu’il n’a jamais eue auparavant. Paradoxalement, on est souvent irrespectueux de la continuité et de la stabilité qui lui sont nécessaires pour le développement d’un attachement sécure. Du côté des adultes, les besoins d’attachement restent centraux, ce qui peut justifier que nous continuons à chercher, encore aujourd’hui, à vivre en couple et à faire famille. Au même temps, les exigences du monde du travail laissent peu de temps pour prendre soin de l’enfant. Les métamorphoses de la vie affective des adultes et leur caractère potentiellement imprévisible les laissent souvent moins disponibles psychiquement pour repérer les signaux de débordement émotionnel de leurs enfants et moins capables de leur répondre d’une façon sensible.
L’auteur n’a pas transmis de conflit d’intérêt concernant les données diffusées dans cette vidéo ou publiées dans la référence citée.
Conférence enregistrée lors du Colloque : Le lien familial à l’aube du XXIème siècle.
Ombres et lumière approche pluridisciplinaire à l’Auditorium Paris Centre Marceau
Le mercredi 28 mars 2012.
Session : Construction et expression du lien familiale dans le monde moderne. Présidente : Edith ARCHAMBAULT (Professeur émérite de sciences économiques à l’Université Paris I Panthéon Sorbonne. Membre du Conseil Scientifique de la Fondation pour le lien social.
Modérateur : Marie CHOQUET (Psychologue, Epidémiologiste, Directrice de recherche honoraire à l’Institut National de la Santé et de la Recherche Médicale – Paris.
Réalisation, production : Canal U/3S - CERIMES
Mots clés : Croix Rouge, Paris, 2012, lien familial

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