Philippe Scialom - Psychologue Psychothérapie - Psychologie - Psychanalyse - Psychomotricité Enseignement - Cours - Articles - Guidance - Informations - Aides Parents - Enfants - Ados - Etudiants
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LE DIABLE ET LE JARDIN PARFAIT

 

Motif de consultation :


X est en CM2, Sa thérapeute est en congé de maternité et il est convenu avec elle qu’il vienne me voir en attendant son retour. Ses parents sont séparés depuis sont tout jeune âge : X a des problèmes de communication importants avec son père et ne s’entend pas avec sa belle-mère. Chaque parents est donc remarié et a eu d’autres enfants. X vient me consulter pour une encoprésie et des difficultés d’endormissement. Il a du mal à garder ses amis à l’école car il gère très mal son agressivité. Déjà en crèche il mordait.

Dessin 1 : Le diable : (début de psychothérapie)
C’est un diable rouge et méchant. Quand il est en colère il mange les humains. Il en a dans le ventre.
Dessin 2 Le jardin parfait :
Il y a toujours du soleil. Les fleurs parfaites ne font que grandir et ne meurent jamais. Elles ne se transforment jamais en gros monstre.
Elles poussent sur une bosse, car dans le sol il y a une réserve d’eau naturelle. C’est pour cela qu’elles ne peuvent jamais mourir. Si tu t’endors prêt d’une fleur tu peux lui parler. Elles sont vivantes, sauf qu’on peut leur parler que dans les rêves. C’est le soleil qui leur a donné leur nom. Elles connaissent aussi leur race et leur naissance.

Décryptage :
C’est en parlant de ses dessins avec X, qu’apparaissent les condensations et les déplacements de sens et d’affects qu’il y a projetés.
Le diable :  Il s’agit de son premier dessin fait au début de nos rencontres. Ce diable est en partie une représentation de lui-même. X se vit comme mauvais après ses colères ou après son manque de maîtrise. « Diable et méchant », c’est ce que l’on dit de lui lorsqu’il se met en colère ou qu’il se heurte aux autres. L’intérieur du ventre gribouillé du diable réunit son problème d’encoprésie, ce qu’il ne maîtrise pas, comme ses sphincters, sa colère. Mais aussi le ventre de sa mère qui a eu un bébé mort et celui de sa thérapeute qui le laisse pour s’occuper du bébé qu’elle attend.
La séparation est un vrai problème pour X depuis l’âge où se fait l’apprentissage de la propreté qui a été perturbé par les conflits parentaux et leur séparation. Garder en soi, retenir, est la seule façon qu’à l’enfant de conserver en lui ceux qu’il aime et qu’il craint de perdre. X est donc encore insécurisé sur le plan affectif, ce qui a motivé sa thérapeute à me l’adresser pendant son congé de maternité.
Le jardin parfait :  Ce deuxième dessin vient un peu plus tard alors même que X n’a plus de problème d’encoprésie. Il symbolise là toute la question de l’origine de la vie, la sienne celle de ses demi frères et sœurs et le fait de grandir et de communiquer. L’intérieur de la bosse  pleine d’eau naturelle et source de vie est une jolie métaphore des ventres maternels qui ne sont plus mystérieux ou dangereux (bébé mort de la mère et « abandon de sa thérapeute enceinte). L’intérieur de son propre ventre ne produit plus des monstres encoprétiques.
Les fleurs, parlent, connaissent leur origine grâce au soleil. X a rétabli un dialogue sécurisant avec son père lui donnant envie de grandir et les moyens d’accepter les séparations tout comme le soleil avec les fleurs. Il a eu la possibilité de revoir son ancienne thérapeute mais a préféré continuer avec un homme parce que je « lui ai appris à ne pas avoir peur de parler (à son père)».
Il reste encore du chemin à parcourir pour que X s’affirme, et sorte encore plus de cette insécurité intérieure qui a eu tant de conséquence sur son autonomie physique et psychique et sur ses relations sociales. La médiation des dessins a été productive pour X, ces deux dessins reflètent un changement net et l’ont amené à parler de lui et de sa vie, à prendre en main les questions qui le paralysaient.


Ph. S.

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