Philippe Scialom - Psychologue Psychothérapie - Psychologie - Psychanalyse - Psychomotricité Enseignement - Cours - Articles - Guidance - Informations - Aides Parents - Enfants - Ados - Etudiants
Philippe Scialom - Psychologue Psychothérapie - Psychologie - Psychanalyse - PsychomotricitéEnseignement - Cours - Articles - Guidance - Informations - Aides Parents - Enfants - Ados - Etudiants

 

MON ENFANT A-T-IL UN TROUBLE ou UN RETARD D’APPRENTISSAGE SCOLAIRE ?

Le bilan orthophonique pour le déterminer

Anne NICOLLET - ORTHOPHONISTE

 

Le trouble d’apprentissage scolaire se définit comme un dysfonctionnement dans le processus d’acquisition des connaissances.

Il paraît important de bien faire la différence entre le retard scolaire et le trouble d’apprentissage scolaire:

  • Les enfants qui présentent un simple retard persévèrent moins dans le temps et leurs causes sont souvent des causes environnementales (familiales ou scolaires) qui rendent l’apprentissage de certaines compétences spécifiques problématique ; ces difficultés d’apprentissage impliquent un degré moindre de gravité, elles sont supposées passagères et plus facilement récupérables.

  • Un trouble d’apprentissage est identifié lorsque les performances d’un enfant à des tests standardisés montrent un retard d’au moins 18 mois entre le niveau actuel de l’enfant testé et le niveau attendu, compte tenu de son âge. Ce trouble d’apprentissage renvoie à une désorganisation dans le processus d’acquisition des connaissances. On parle de trouble d’apprentissage spécifique chez des enfants qui ne présentent pas de déficience intellectuelle, de difficulté sensorielle, de problème neurologique et de trouble de la personnalité.

Parmi les troubles spécifiques d’apprentissages scolaires, on peut relever les plus couramment rencontrés:

La dyslexie:

  • difficulté spécifique et durable affectant l’identification des mots écrits chez des enfants intelligents, normalement scolarisés et en l’absence de troubles sensoriels ou neurologiques. Selon l’approche cognitive, la DL a pour origine un dysfonctionnement cérébral et des facteurs héréditaires (dans 50% des cas, il existe, dans la famille proche, 1 ou plusieurs parents DL). Il existe 3 formes de DL :

  • elle peut être phonologique :

  • elle se manifeste par une difficulté à lire des mots nouveaux et des mots inventés (qu’on appelle logatomes).

  • Ces enfants vont éprouver des difficultés:

  • à répéter des mots ou des logatomes («bibliothèque» est répété /blibliotèque/ ou «mandurlanoti» devient /mandrulaloti/),

  • dans la mémoire verbale à court terme (capacité à retenir un certain nombre d’informations, chiffres, mots, phrases)

  • dans la capacité à manipuler les sons de la langue, qu’on appelle capacités métaphonologiques.

  • Elle peut être lexicale, et se manifeste par une difficulté à lire des mots irréguliers (femme, monsieur, qui peuvent être lus tels qu’ils sont écrits, /fème ou monsieure/).

  • Dans ce cas, lesenfants présentent des troubles visuo-attentionnels qui vont empêcher l’enfant de se constituer un lexique orthographique. (l’enfant a du mal à distribuer de façon homogène son attention sur l’ensemble de la séquence de lettres; le mot n’est pas traité comme une unité entière mais par petites unités: aucune représentation stable du mot en mémoire ne peut donc être renforcée et mémorisée.)

Enfin,

Elle peut être mixte, par atteinte des 2 voies de lecture, et ces enfants cumulent des troubles phonologique et visuo-attentionnel.

La dyslexie toucherait 5 à 8 % des enfants d’âge scolaire, et plus fréquemment les garçons.

A cette dyslexie, il peut être associé ou non une dysorthographie, qui se définit comme un trouble spécifique et durable de la production orthographique, avec les mêmes atteintes possibles mises en évidence dans la dyslexie.

On parle également de dyscalculie: elle se définit comme un trouble spécifique affectant les capacités logico-mathématiques, c’est-à-dire, le raisonnement logique, la construction et l’utilisation du nombre. C’est un trouble développemental car elle affecte l’apprentissage chez l’enfant.

Elle peut se diagnostiquer quand :

  • Les aptitudes arithmétiques, évaluées par des tests standardisés, sont nettement en-dessous du niveau escompté compte-tenu de l’âge chronologique de l’enfant, de son niveau intellectuel et d’un enseignement approprié à son âge.

Elle serait causée par un dysfonctionnement des processus du traitement du calcul et d’aires cérébrales particulières.

Les enfants qui présentent une dyscalculie ont des difficultés à apprendre à compter correctement et à mémoriser : ici, c’est la mémoire de travail qui est plus particulièrement touchée, entrainant une difficulté dans la planification des tâches à effectuer.
Les erreurs dans la lecture et l’écriture des nombres sont nombreuses : un chiffre peut être remplacé par un autre, dans la même pile : 92/82 (beaucoup d’erreurs dans les 70 et 90, bien plus que chez nos voisins belges) ou le nombre de chiffres est différent de celui de l’écriture de départ : 703/7003 ; 1400/1000 et 400.

1/4 des enfants dyscalculiques ont des problèmes d’attention. On estime que la dyscalculie toucherait 3 à 5% de la population, autant de filles que de garçons.

Pour conclure, pendant la consultation médicale, lorsque les parents évoquent les difficultés que leur enfant peut rencontrer à l’école, en lecture, en dictée, en calcul ou quand ils parlent de difficultés de concentration, le médecin peut prescrire un bilan orthophonique qui permettra de déterminer s’il s’agit d’un simple retard scolaire (et dans ce cas, on laissera à l’enfant un peu plus de temps pour l’acquisition de certains apprentissages) ou s’il s’agit d’un trouble d’apprentissage scolaire qui débouchera alors sur une prise en charge orthophonique.

Mais les pédiatres peuvent aussi diriger ces enfants vers des centres référents du langage qui prendront en charge l’enfant avec une équipe pluridisciplinaire (proposant bilans psychologique, orthophonique, ou de psychomotricité) : malheureusement, l’attente est parfois longue car ces centres sont souvent débordés.

Par ailleurs, au terme de notre bilan orthophonique, nous pouvons être amenés à orienter l’enfant vers d’autres professionnels, afin de réaliser des bilans complémentaires, psychologique ou psychomoteur le plus fréquemment, lorsque les difficultés nous paraissent plus étendues.

 



Version imprimable Version imprimable | Plan du site
© Philippe Scialom

Site créé avec 1&1 MyWebsite.