Philippe Scialom - Psychologue Psychothérapie - Psychologie - Psychanalyse - Psychomotricité Enseignement - Cours - Articles - Guidance - Informations - Aides Parents - Enfants - Ados - Etudiants
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INTERVIEW SUR LE BEGAIEMENT TV "Les Maternelles" 2017. Suivi d'un article d'un article.

Hésitations, balbutiements, difficultés à prononcer certaines syllabes, depuis quelques temps, la parole de votre enfant est moins fluide. Et s’il bégayait ? Le bégaiement touche 5% des enfants et particulièrement les garçons. Faut-il consulter un orthophoniste rapidement ? Comment réagir face à notre enfant

qui peine à s'exprimer ?

Mon enfant bégaie : que faire ? - La Maison des Maternelles

LE BEGAIEMENT Isabelle Lecron-Miosec - Orthophoniste

LE BEGAIEMENT

 

Marie-Françoise Cassuto et Isabelle Lecron-Miossec - Orthophonistes

 

 

INFORMATIONS SUR LE BEGAIEMENT :

 

On définit le bégaiement comme un trouble de la communication, il touche 1% de la population, on compte 600 000 personnes bègues en France.

Dans l’enfance, le pourcentage est de 5% d’enfants avec 1 fille pour 3 garçons ; ce trouble n’est lié ni au niveau intellectuel de la personne, ni à son milieu social.

 

On met en évidence différents facteurs à l’origine du trouble :

 

-          Des facteurs favorisants : tempérament volontaire, facteurs génétiques, exigences éducatives ou scolaires excessives…

 

-          Des facteurs déclenchants : évènements plus ou moins traumatisants et d’autant plus nocifs que minimisés ou non reconnus…

 

-          Des facteurs pérennisants : réactions inadaptées du sujet et de son entourage familial ou scolaire aux difficultés provoquées par le bégaiement, pression temporelle exercée sur l’enfant…

 

L’âge d’apparition du bégaiement peut se situer parfois très précocément vers 2 ½ ans lors de l’apparition du langage, plus souvent vers 3-4 ans parfois à l’entrée au CP ou parfois vers 10-11 ans ou à l’entrée en 6ème, plus rarement à l’occasion d’un traumatisme.

 

Dans 3 cas sur 4, il disparaît sans laisser de trace vers 5-6 ans mais une intervention précoce est nécessaire car aucun moyen ne permet de savoir lequel des 4 enfants restera bègue.

 

On peut repérer ce trouble si l’enfant présente : des répétitions fréquentes de syllabes, des blocages, des allongements de sons, des pauses inadaptées, des mots d’appui (petits mots sans rapport avec le sens de la phrase), un évitement du regard quand il s’exprime.

 

Il a une double nature car il est constitué : d’une part des symptômes eux-mêmes : répétitions, blocages, discontinuité de la parole, impression de lutte contre les mots, manifestations d’efforts pour parler, d’autre part d’attitudes et de sentiments réactionnels, c'est-à-dire liés à l’idée que la personne se fait de l’image qu’elle donne à ses interlocuteurs.

 

 

 

COMMENT EST VECU LE BEGAIEMENT :

 

Le bégaiement est ressenti de façon très variable et sans rapport avec l’importance des bégayages. Il peut être vécu très douloureusement alors même que les bégayages sont peu nombreux. Il provoque des sentiments de frustration, d’injustice et de dévalorisation de soi, voire de honte et d’exclusion.

 

Les personnes bègues cachent autant que possible leurs difficultés, qu’elles considèrent elles-mêmes comme dévalorisantes.

 

L’élève qui bégaie se propose rarement pour lire, participer ou être interrogé.

 

De son côté, l’enseignant peut ressentir un sentiment de malaise et hésiter sur l’attitude à adopter face aux bégayages.

 

 

QUELLES ATTITUDES ADOPTER FACE AU BEGAIEMENT :

 

Ne pas inciter le sujet à un contrôle permanent de son bégaiement par des conseils ou adopter une attitude de fausse indifférence mais communiquer comme interlocuteur actif , qui consiste à s’intéresser à ce qu’il dit pour relancer l’échange, l’écouter en maintenant un contact visuel et ne pas hésiter à lui proposer interrogativement le mot sur lequel il accroche.

 

Eviter tout effort de parole.

 

Diminuer temporairement les exigences éducatives, avoir des attentes réalistes en fonction de son âge.

 

DIFFERENTS AGES POUR INTERVENIR:

 

1. Avant 6 ans :

 

Il est indispensable d’intervenir le plus tôt possible, bien avant 4 ans ou dès les premiers symptômes.

Pour connaître la bonne attitude à adopter, vous pouvez vous adresser à un phoniatre ou à un(e) orthophoniste spécialisé(e).

 

Pour baisser sa tension ou excitation, il convient d’abaisser temporairement le niveau des exigences à la maison, être l’interlocuteur dont il a besoin, lui donner une attention sans partage.

 

Il est nécessaire de parler de votre préoccupation à l’enseignant de votre enfant : son comportement peut être différent en classe et à la maison.

 

Des séances de « guidance parentale » sont préconisées et l’enfant pourra éventuellement être lui-même pris en charge et bénéficier de séances individuelles.

 

2. La période de 6 à 11 ans :

 

Lors de la période dite de latence, la prise en charge est particulière car l’enfant s’implique peu et les parents ont pu développer des sentiments de culpabilité.

Un travail d’accompagnement est nécessaire pour éviter que l’enfant ne se construise comme bègue. 

 

3. Le bégaiement chez l’adolescent :

 

Une prise en charge en individuel pour l’informer et déterminer avec lui comment l’aider au mieux.

Une collaboration avec les enseignants est nécessaire pour qu’ils aient la bonne attitude à adopter face aux bégayages lorsque ceux-ci se produisent en classe.

 

Enfin un travail en groupe qui va venir compléter la prise en charge individuelle.

 

Nous n’avons pas abordé dans cette présentation, la nature des traitements (longs et complexes) et privilégié plutôt l’information mais cela pourrait être l’objet d’un article ultérieur.



En conclusion, un trouble complexe avec une prise en charge adaptée à chaque âge de la vie.

 



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