Philippe Scialom - Psychologue Psychothérapie - Psychologie - Psychanalyse - Psychomotricité Enseignement - Cours - Articles - Guidance - Informations - Aides Parents - Enfants - Ados - Etudiants
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INFOS PARENTS

Les pièges de la surprotection

Vous trouverez dans les différentes pages d'INFOS PARENTS des repères et des explications aux principales questions que vous vous posez sur ce qui est normal ou non chez votre enfant ou votre adolescent, sur les consultations en psychologie, si elles sont nécessaires ou non etc.

Comment "fonctionne" une psychothérapie, qu'est ce qu'un QI, etc.

Ces rubriques s'enrichiront d'autres thèmes important pour les parents au cours du développement de ce site.

Vous avez aussi accés aux autres onglets du site où vous trouverez des articles parfois plus "techniques" qui s'adressent aux étudiants et aux professionnels, mais où vous pourrez aussi y puiser des précisions et des approfondissements sur les sujets qui vous intéressent.

PARENTALITE ET PIEGES A PARENTS

Psychologue et psychanalyste depuis plus de vingt ans, j'ai constaté un fait nouveau dans ma pratique quotidienne auprès des enfants. De plus en plus de parents viennent me consulter pour des situations "normales", qui ne présentent aucune pathologie. Pourquoi ? Ils sont tombés dans un piège et ne savent plus comment en sortir. Ils sont arrivés à une situation difficile avec leur enfant, qui touche leur vie quotidienne (sommeil, école, ...) et en vient souvent à la désorganiser.

 

Comprendre son enfant, interpréter l'évolution de ses comportements ne va pas de soi.

Les repères changent, les parents sont déroutés - le filet se tend. Interprétation erronée, problème de communication, indisponibilité - les mailles se resserrent. Des circonstances empêchent de prendre du recul - la situation s'envenime. L'angoisse et la souffrance s'installent, mettant en jeu, à terme, le développement de l'enfant. Ce n'est pas par manque d'attention des parents. Au contraire, la tendance actuelle est plutôt à en faire trop (par amour), ce qui multiplie les occasions de guet-apens. Heureusement, ces parents qui ne demandent qu'à comprendre leur enfant sont conscients des risques encourus. D'où leur démarche de plus en plus fréquente auprès du psychologue.

 

A ce stade, la plupart du temps, la situation est devenue conflictuelle mais trouve une issue heureuse au bout de quelques consultations. Souvent les changements sont spectaculaires. Pouvoir magique du psychothérapeute ? Il n'y a aucun enchantement. Psychothérapie "courte" ? Cette idée est aussi illusoire car une psychothérapie demande du temps. Voici la "clé du mystère" : bien qu'envahissant, le problème n'était pas lié à une psychopathologie, mais à un piège, décelé à temps. Les parents retrouvent alors leur capacité de comprendre et d'agir efficacement face aux questions qui se présentent à eux. Cependant, entre le simple piège (dont on rira plus tard) et le véritable problème psychologique, la frontière reste étroite. Une différence de degré, d'intensité les sépare. C'est pourquoi agir précocement, avant de se retrouver avec un sac de nœuds nombreux et serrés, évite leur transformation en pathologie qui, elle, nécessite une véritable psychothérapie.

A l'aube du troisième millénaire, le devoir d'être de bons parents s'impose d'une façon nouvelle, parfois tyrannique et pleine d'écueils. L'inquiétude est le lot quotidien des parents qui se demandent en permanence ce qui est normal ou pas chez leur enfant. Il est important pour eux d'obtenir des réponses à ces questions, même à celles qui paraissent les plus simples et qu'on n'ose pas poser à son entourage.

 

Tout ce qui se joue de la naissance à la fin de l'école primaire a des effets à long terme, déterminant le développement de la future personnalité. Les pièges partent des problèmes d'alimentation et de sommeil des bébés, d'apprentissage de la propreté, puis ceux liés à la scolarité jusqu'au passage en sixième, au seuil de la préadolescence.

Les "pièges", bénins au départ, présentent des dangers. Ce sont les risques d'évolution pathologique : ils donnent la mesure du seuil d'alarme, soit pour les éviter tant que cela reste possible, soit pour reconnaître cette souffrance et y remédier.

 

Un fil conducteur lié aux changements rapides et profonds de notre société :

quand j'ai commencé à exercer, la psychopathologie s'exprimait différemment. Depuis quelques années, j'ai observé, avec beaucoup de mes confrères, une modification sensible des symptômes dans les consultations d'enfants. L'intimité psychique, partagée au quotidien avec mes patients de tous âges, d'inconscient à inconscient, m'amène à situer leur histoire dans une triple dimension : d'abord individuelle, mais aussi associée aux interactions familiales, enfin l'une et l'autre liées au contexte socio-historique. Se pose donc la question d'une spécificité moderne des problèmes rencontrés actuellement en psychologie de l'enfant.

Que remarquons-nous ? Une psychopathologie infantile de plus en plus dominée par des symptômes d'échec scolaire et d'instabilité psychomotrice. Ces problèmes se déploient quand le psychisme est insuffisamment organisé, par manque d'appui sur les fonctions fondamentales qui le structurent (fonctions maternelle, paternelle et de lien d'attachement). Chez les adultes et les adolescents, ce sont les pathologies du lien et de la dépendance qui prennent le relais. Ils souffrent d'une douloureuse humeur dépressive, qui s'exprime à la suite de pertes, de séparations ou de ruptures. Notre siècle est celui de la dépression. Dans notre société, les passages à l'acte sont de plus en plus fréquents, violents et l'impulsivité domine la pensée au détriment du principe de réalité. La raison est mise en échec quand, dans un mouvement régressif, elle se trouve dominée par le monde pulsionnel.

 

Ces constatations nous posent question à tous, parents, éducateurs, enseignants, politiciens et thérapeutes :

-L'évolution de l'enfant, depuis son état de dépendance infantile jusqu'à son autonomie, s'opère-t-elle dans un climat aujourd'hui moins rassurant ?

-Quel rôle joue le contexte social dans le surinvestissement dont l'enfant est l'objet ?

-Pourquoi surprotège-t-on nos enfants ?

-La carence des pères, souvent évoquée, est-elle réelle ou ont-ils pris la place des mères dans le box des accusés ?

 

La parentalité devient difficile, décourageante et solitaire. Tout le monde semble d'accord sur l'existence d'un dysfonctionnement des valeurs et des repères. Les divorces, la violence et la délinquance augmentent, la cote de l'autorité baisse. Les confusions entre les rôles du père et de la mère, entre éducation, instruction et amour, dressent une multitude de pièges.

L'attitude des parents, aujourd'hui plus concernée et active et les difficultés ne sont certainement pas liées à une fatalité. Il existe des solutions pour ceux qui souhaitent les solliciter. Pour cela, dans notre société, psychologues et psychanalystes offrent un appui symbolique. Leur disponibilité psychique aidera chacun à se réapproprier sa propre capacité à franchir ses obstacles.

C'est une voie préventive dont les effets sont inestimables pour l'enfant.

Ph. S.

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